Offrir sa chair pour sauver une colombe
LẮT THỊT ĐỂ CỨU CON BỒ CÂU KHỎI CHẾT
Un récit pour réfléchir à la compassion, au respect du vivant et à la bonté dans l’action.
LẮT THỊT ĐỂ CỨU CON BỒ CÂU KHỎI CHẾT
Un récit pour réfléchir à la compassion, au respect du vivant et à la bonté dans l’action.
Dans un passé très ancien régnait le roi Sat Ba Dat, célèbre pour sa générosité. Les pauvres pouvaient venir demander de l’aide au palais et le souverain refusait rarement de secourir ceux qui souffraient.
Cette réputation parvint jusqu’au ciel. Indra, inquiet de la force spirituelle acquise par un homme aussi généreux, décida de l’éprouver. Il prit l’apparence d’un faucon tandis qu’une autre divinité se transforma en colombe.
La colombe vola jusqu’au jardin royal et se réfugia auprès du roi. Elle le supplia de la sauver. Sat Ba Dat donna sa parole.
Le faucon arriva peu après et réclama sa proie. Il fit valoir un argument que le roi ne pouvait simplement ignorer : sauver la colombe en le laissant mourir de faim ne serait-il pas encore sacrifier un être vivant à un autre ?
Le roi proposa donc de remplacer la colombe par une quantité équivalente de nourriture. Le faucon exigea de la chair humaine, prise sur le corps même de celui qui avait décidé d’intervenir.
Sat Ba Dat accepta. Une balance fut installée : la colombe d’un côté, la chair du roi de l’autre. Mais plus il en déposait, plus l’oiseau semblait peser lourd. Le souverain poursuivit jusqu’à être prêt à donner son corps entier, sans revenir sur la promesse faite.
Devant une détermination aussi complète, les deux divinités reprirent leur véritable apparence. Elles reconnurent qu’elles avaient voulu éprouver le roi et comprirent que sa générosité ne visait ni le prestige, ni une récompense céleste, ni un pouvoir futur.
Le roi expliqua que son aspiration était de parvenir à l’éveil afin de pouvoir délivrer les êtres de la souffrance. Ce n’était pas la chair offerte qui donnait sens à son geste, mais l’absence de calcul dans son engagement.
Ce jataka pousse volontairement le don jusqu’à une limite extraordinaire. Il ne constitue pas une invitation à se mutiler. Il illustre la question suivante : jusqu’où va notre compassion lorsqu’elle exige réellement quelque chose de nous ?
Le roi cherche aussi à ne pas sauver l’un en oubliant l’autre. La compassion mûre tient compte de toutes les vies concernées, y compris de celle que nous sommes spontanément tentés de désigner comme l’ennemi.
Un récit pour réfléchir à la compassion, au respect du vivant et à la bonté dans l’action.
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