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Histoire 108 / 133
Compassion

Élargir son amour à tous les êtres

PHÓNG RỘNG TÌNH THƯƠNG

Un récit pour réfléchir à la compassion, au respect du vivant et à la bonté dans l’action.

RécitUne famille riche découvre trop tard que l’amour possessif peut devenir aussi destructeur que l’indifférence.

À Shravasti, un riche notable et son épouse avaient longtemps attendu un enfant. Leur fille fut donc élevée dans un luxe extrême. On lui évitait tout effort, on lui procurait les plus beaux vêtements et les fleurs les plus rares. Lorsqu’elle fut en âge de se marier, son père choisit un jeune homme de grande famille, riche mais déjà habitué aux plaisirs et aux dépenses.

Les premiers mois furent heureux. Puis le jeune époux retrouva ses anciens compagnons, les banquets et les absences. La fortune fondit. Sa femme demanda plusieurs fois de l’argent à son père pour préserver le train de vie du couple. Le père finit par comprendre que son gendre dissipait tout et envisagea de reprendre sa fille auprès de lui.

L’amour transformé en possession

Lorsque le mari apprit qu’on pourrait lui enlever son épouse, il ne vit plus en elle une personne libre mais la dernière chose qu’il refusait de perdre. Il prépara un repas, se montra affectueux, puis l’entraîna dans une chambre. Quelques instants plus tard, les serviteurs découvrirent les deux époux morts.

Le père, anéanti, maudit son gendre, ses domestiques, le destin et jusqu’au monde entier. Son chagrin ne trouvait aucune issue. Il rencontra finalement le Bouddha et raconta toute l’histoire.

Le Bouddha l’amena à regarder ce qui avait nourri la catastrophe : chacun avait concentré son amour sur un cercle trop étroit, jusqu’à confondre affection, peur de perdre, prestige et possession.

Ce que cette histoire nous enseigne

« Élargir l’amour » ne signifie pas aimer moins ses proches. Cela signifie ne pas enfermer une personne dans le rôle qu’elle doit jouer pour notre bonheur. Un amour qui exige de posséder finit par produire peur, jalousie et violence.

La compassion élargie reconnaît au contraire que l’autre existe pour lui-même. Elle apprend à soutenir sans emprisonner et à aimer sans transformer la relation en propriété.