Pourquoi réciter le nom du Bouddha ?

 

Dans la ville de Thành Thất La Phiệt, vivait un prince au caractère extrêmement violent. De plus, son pouvoir et sa position lui permettaient d’effacer ses crimes devant la loi. Aucune parole juste, aucune religion ne parvenait à le transformer.

Un jour, il rencontra le Bouddha, qui voyageait pour enseigner le Dharma dans cette région. Dès le premier regard, son cœur fut soudainement saisi de respect, comme un éléphant sauvage devant son cornac. Le Bouddha lui donna alors quelques conseils simples :

« Souviens-toi du Bouddha, cultive la compassion envers les autres, et applique-toi avec ardeur à sauver et aider les êtres. »

Le prince s’inclina respectueusement et accepta ces paroles.

Mais une fois rentré chez lui, à la vue d’un mendiant, il entra aussitôt dans une grande colère. Les paroles précieuses du Bouddha s’étaient déjà effacées de son esprit, et il s’apprêtait à chasser l’homme. Soudain, le visage empreint de bonté et de dignité du Bouddha lui revint en mémoire. Il se calma, mais ne donna pourtant aucune aumône.

Ce soir-là, son épouse, étonnée par son attitude, l’interrogea pour connaître toute l’histoire. Le prince raconta alors les faits en détail. En les racontant, l’image du Bouddha et ses enseignements lui revinrent clairement à l’esprit. Cette nuit-là, il réfléchit longuement, l’esprit troublé. Il se dit :

« Se souvenir du Bouddha, c’est se souvenir des pauvres et des malheureux. Penser au Bouddha, c’est penser aux pauvres et aux malheureux. »

À l’aube, il partit aussitôt à la recherche du Bouddha. En chemin, il rencontra un mendiant gravement malade, étendu au bord de la route. Après réflexion, il s’approcha, lui parla avec bienveillance et lui donna tout l’argent qu’il avait sur lui. L’homme, effrayé, le remercia avec insistance. Mais le prince lui répondit :

« C’est parce que je me souviens du Bouddha que je t’aide. En acceptant cet argent, tu me permets d’acquérir des mérites. C’est donc moi qui te suis reconnaissant, et non l’inverse. »

Le mendiant, entendant ces paroles, fut très surpris, car il connaissait bien le caractère du prince, ainsi que la grande renommée du Bouddha. Soudain, il joignit les mains et récita à haute voix :

« NAM MÔ PHẬT ĐÀ » (Hommage au Bienheureux, l’Éveillé).

Le prince, sans même s’en rendre compte, récita lui aussi ces paroles et se hâta d’aller trouver le Bouddha. Lorsqu’il le rencontra, il lui raconta toute l’histoire en détail. Après avoir écouté, le Bouddha lui sourit avec bonté et dit :

« C’est juste. En récitant le nom du Bouddha, il faut penser aux pauvres et aux malheureux. Penser aux pauvres et aux malheureux, c’est penser à tous les Bouddhas. »

Extrait du journal Viên Âm

Agir par des actions utiles,

Dire des paroles justes,

Penser à ce qui est bon et beau :

Ainsi, c’est cela réciter le nom du Bouddha.

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