Par le Vénérable Maître Xuan Hua
Sous le règne de l’empereur Wu de la dynastie Liang, le bouddhisme était extrêmement florissant en Chine. À cette époque, que ce soit pour un mariage ou des funérailles, le peuple avait l’habitude d’inviter des moines pour réciter des sutras. De nos jours, les mœurs ont changé : on ne sollicite les maîtres que pour les deuils. C’est une méprise. En réalité, qu’il s’agisse d’un malheur ou d’un événement heureux, il convient d’inviter des religieux pour dédier les mérites, afin de libérer les âmes des défunts d’une part, et d’accroître les bénédictions des vivants d’autre part.
À l’époque de l’empereur Wu, vivait le Vénérable Chi Gong, un moine de haut rang ayant atteint l’éveil et possédant les « Cinq Yeux et les Six Pouvoirs Surnaturels ». Il percevait clairement les causes passées et les conséquences présentes.
Un jour, une riche famille organisa un banquet de mariage pour leur fils et invita le Vénérable Chi Gong à réciter des prières. À peine eut-il franchi le seuil de la demeure qu’il soupira amèrement :
« Étrange, ô combien étrange et singulier !
Le petit-fils épouse sa grand-mère,
Les porcs et les chèvres siègent à la table du banquet,
Les proches bouillent dans la marmite.
La fille mange la chair de sa mère,
Le fils bat la peau de son père.
Les invités viennent présenter leurs vœux,
Mais je vois là une misère profonde ! »
Que signifient ces paroles ?
« Le petit-fils épouse sa grand-mère » : Au moment de rendre l’âme, la grand-mère de cette famille tenait la main de son petit-fils. Son cœur était empli d’un tel attachement qu’elle ne pouvait se résoudre à le quitter. Elle se lamentait : « Mes enfants ont tous fondé leur foyer, seul mon petit-fils chéri n’a personne pour prendre soin de lui. Ô, que faire ? » Sur ce dernier soupir, elle mourut.
Arrivée devant le Roi Yama aux enfers, celui-ci rendit son jugement : « Puisque tu aimes tant ton petit-fils, retourne sur terre pour devenir sa femme et t’occuper de lui ! » C’est ainsi que la grand-mère se réincarna et finit par devenir l’épouse de son propre petit-fils. La rétribution karmique dans ce monde est parfois terrifiante.
Le Vénérable Chi Gong regarda ensuite autour de lui et dit : « Les porcs et les chèvres siègent à la table du banquet ». Puis, observant les marmites, il ajouta : « Les proches bouillent dans la marmite ». Cela signifie que les animaux (porcs, chèvres) autrefois abattus par cette famille s’étaient réincarnés en humains et étaient présents au banquet, tandis que les anciens parents et proches qui aimaient manger de la viande étaient maintenant devenus les animaux sacrifiés pour le repas, payant ainsi leur dette.
« La fille mange la chair de sa mère » : Dans la cour, une petite fille rongeait avec appétit un pied de porc, ignorant totalement que ce porc était, dans une vie antérieure, sa propre mère.
« Le fils bat la peau de son père » : Le Vénérable regarda l’orchestre qui jouait joyeusement. L’un des musiciens battait un tambour avec ardeur. Ce tambour était recouvert d’une peau d’âne… et cet âne n’était autre que le père du musicien dans sa vie précédente.
Alors que les invités se réjouissaient, pensant célébrer un jour de fête, le Vénérable Chi Gong s’exclamait : « Je vois là une misère profonde ! ». Quelle ironie que les hommes considèrent souvent la souffrance comme une joie !
Après avoir entendu cette histoire, on comprend combien le meurtre et la consommation de viande sont effrayants. Étudions le caractère chinois pour « Viande » (肉 – Ròu) : à l’intérieur du caractère, on trouve deux idéogrammes de « Personne » (人 – Rén) ; l’un à l’intérieur, l’autre à l’extérieur. Les êtres se mangent entre eux ; en y réfléchissant bien, c’est l’homme qui mange l’homme !
C’est pourquoi le végétarisme est la meilleure voie. Cependant, en cuisinant végétarien, évitez de donner des noms comme « poulet simulé », « canard simulé » ou « ormeau végétarien ». Si vous avez renoncé à la viande, pourquoi garder ces appellations en tête ? Même s’il ne s’agit que de noms, ils portent en eux des graines de pensées impures. En ne tuant plus et en ne mangeant plus les êtres vivants, vous rompez le cycle des dettes karmiques, et votre karma deviendra pur.
Certains demandent : « Quels sont les bienfaits du végétarisme ? »

