Quand le malheur naît des paroles
HỌA TÙNG KHẨU XUẤT
Une histoire qui invite à observer les conséquences de nos actes et la logique de cause à effet.
HỌA TÙNG KHẨU XUẤT
Une histoire qui invite à observer les conséquences de nos actes et la logique de cause à effet.
Une tortue vivait depuis longtemps dans un étang où elle s’était liée d’amitié avec deux hérons blancs. Une année, une sécheresse exceptionnelle frappa la région. La pluie ne vint pas, l’eau baissa jour après jour et les plantes du marais jaunirent. Pour la tortue, le danger devint évident : si elle restait là, elle finirait par mourir.
Les deux hérons connaissaient un autre étang, à plusieurs kilomètres, qui ne se desséchait jamais. Ils proposèrent d’y transporter leur amie. Comme une tortue ne pouvait parcourir une telle distance assez rapidement, ils imaginèrent une solution ingénieuse : chacun saisirait une extrémité d’un bâton tandis que la tortue en mordrait fermement le milieu.
Il n’y avait qu’une règle. Pendant le vol, quoi qu’elle entende, la tortue ne devait sous aucun prétexte ouvrir la bouche.
Le départ se passa parfaitement. Suspendue au bâton, la tortue découvrait pour la première fois le monde vu du ciel : champs, rivières, arbres et maisons défilaient sous elle. Plusieurs fois elle eut envie de poser une question, mais se rappela l’avertissement de ses amis et serra les mâchoires.
Alors qu’ils survolaient un village, des enfants remarquèrent cet étrange équipage. Ils se mirent à rire, à crier et à se moquer de la tortue. Celle-ci essaya d’abord de les ignorer. Puis l’irritation monta. Elle voulut leur répondre qu’ils feraient mieux de s’occuper de leurs affaires.
À l’instant où elle ouvrit la bouche, elle lâcha le bâton.
Les hérons ne purent rien faire. La tortue tomba et le voyage qui devait lui sauver la vie s’acheva à cause de quelques paroles qu’elle n’avait pas su retenir.
Cette fable ne condamne évidemment pas la parole. Elle interroge notre incapacité à rester silencieux lorsque notre ego se sent attaqué. La tortue savait exactement ce qu’elle devait faire. Elle avait compris le danger et possédait toutes les informations nécessaires. Ce n’est pas l’ignorance qui la perd : c’est le besoin d’avoir le dernier mot.
La parole juste, dans l’enseignement bouddhiste, ne consiste donc pas uniquement à éviter le mensonge. Elle demande aussi de se demander : est-ce vrai ? est-ce utile ? est-ce le bon moment ? Parfois, la parole la plus sage est celle que l’on choisit de ne pas prononcer.
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