Monsieur Thai, 67 ans, originaire de Chaozhou, a fui sa ville natale assiégée et ses conditions de vie difficiles lors de l’invasion japonaise de la Chine en 1941, pour chercher fortune en Thaïlande. Il réside actuellement dans le centre de la Thaïlande et est marchand. Depuis neuf ans, ses deux pieds sont enflés, semblables à ceux d’un éléphant.
Monsieur Thai adorait manger de l’oie et boire de l’alcool. Chaque soir, il dévorait un plat d’oie et buvait une demi-cruche de vin. C’était sa routine quotidienne.

Dix ans auparavant, il avait fait un voyage dans le nord-est de la Chine et avait eu l’occasion de goûter une fois au fameux plat de pattes d’ours, un mets ancien et célèbre qui lui laissa un souvenir impérissable. Malheureusement, ce fut la seule fois, car de retour en Thaïlande, il n’eut plus l’occasion de savourer ce précieux plat de pattes d’ours. Malgré cela, Monsieur Thai continuait d’apprécier les pattes d’oie, car elles avaient un goût quelque peu similaire. Dès lors, il consommait souvent des pattes d’oie avec son vin pour apaiser sa nostalgie des pattes d’ours.
Plus tard, quelqu’un lui montra une méthode de préparation des pattes d’oie, affirmant que non seulement le goût pouvait être aussi bon que celui des pattes d’ours, mais qu’en plus, cela pouvait aider à fortifier l’essence vitale, à renforcer l’énergie et à nourrir l’esprit… une méthode secrète transmise par les anciens empereurs.

Alors Monsieur Thai apprit à préparer les pattes d’oie. Sur une table de fer entourée d’une barrière, il plaçait l’oie vivante. Il la laissait debout, puis allumait un feu de bois en dessous pour la chauffer progressivement. À mesure que la température augmentait, la table de fer devenait de plus en plus chaude, et l’oie, ne supportant plus la chaleur, levait une patte. La température augmentant encore, l’oie ne pouvait plus supporter la chaleur de ses deux pattes et les levait et les posait alternativement, comme si elle dansait. À ce moment-là, l’oie ne pouvait pas s’échapper car la barrière l’enfermait. Lorsque la table de fer devint rouge vif, les deux pattes de l’oie sautaient sans arrêt, comme dans une folie – comme un tourbillon ou une tempête – Elle sautait désespérément, ne faisant que sauter et sauter ! Puis elle devint furieuse, fonça partout, son cou tendu au maximum, poussant des cris déchirants et plaintifs avant de s’effondrer. Ses deux pattes étaient maintenant brûlées, rouges et enflées, mais elle n’avait pas encore rendu l’âme. Voyant cela, Monsieur Thai coupa rapidement ses pattes. L’oie, souffrant, s’évanouit puis se réveilla, pour tomber à nouveau dans le coma avant de mourir. Mais à ce moment-là, Monsieur Thai n’y prêtait pas attention, il ne se souciait que de retirer les pattes d’oie, de les laver et de les faire mijoter avec des herbes médicinales à feu doux.
Selon la légende, lorsque l’oie a « dansé » sur la table ardente, tout le sang et l’énergie de son corps se concentrent dans ses pattes, et la chair de l’oie devient insipide, sans aucune valeur nutritive. La cuisson sur la table de fer concentre tout le sang du corps dans ses pattes, ce qu’on appelle la « patte d’oie alchimique ». Monsieur Thai a mangé ces « pattes d’oie alchimiques » pendant de nombreuses années.
Par la suite, ses pieds tombèrent malades, rouges et enflés, exactement comme des pieds d’éléphant. Toutes les articulations de son corps lui faisaient mal. Il avait consulté tous les médecins, pris toutes sortes de remèdes traditionnels et occidentaux, mais sans succès. Ses pieds lui faisaient mal 24 heures sur 24, 365 jours par an. Cette souffrance l’a tourmenté pendant six longues années. Il était si malheureux qu’il a voulu se suicider à plusieurs reprises, mais heureusement, sa femme l’a retenu et ses enfants l’ont réconforté, et il a réussi à prolonger sa vie.

Une nuit, il rêva d’une troupe d’oies sans pattes qui venaient le mordre violemment. Au réveil, il était en sueur. Il fit immédiatement le lien avec sa maladie – elle devait être liée à la consommation de pattes d’oie – car il avait enfermé l’oie vivante sur la table de fer pour la rôtir, et avait été témoin de sa « danse » misérable sur le feu. Plus il y pensait, plus il était « effrayé et tremblant ». Inconsciemment, il baissa les yeux vers ses pieds rouges et enflés : – Oh là là ! Ils étaient exactement comme les pattes d’oie qui venaient de danser et de sauter sur le feu avant d’être coupées !
C’est en raison de son désir ardent de manger des pattes d’oie qu’il avait commis un acte cruel, et les esprits vengeurs des oies venaient lui réclamer leur dû. La rétribution ! La rétribution ! Il n’avait jamais imaginé que la loi du karma serait si rapide. Maintenant que sa conscience était éveillée, il demanda à sa femme de l’aider à sortir de la porte, s’agenouilla et se repentit sincèrement devant le ciel. Il fit le vœu suivant : « À partir d’aujourd’hui, je ne tuerai plus, je ne mangerai plus de viande, je ferai vœu de silence, je jeûnerai longtemps et je serai végétarien jusqu’à ma mort ! » Sa femme, à ses côtés, fit également le vœu de devenir végétarienne avec lui.
Étrangement, depuis qu’il s’est repenti devant le ciel et a fait son vœu, ses pieds ne sont plus enflés ni douloureux. Seule leur apparence extérieure est très désagréable à voir, et ses mouvements sont difficiles. Aujourd’hui, il ne prend plus de médicaments et ne consulte plus de médecins, car il comprend que c’est la preuve que ses ennemis karmiques sont venus se venger, et il ne souhaite donc pas se soigner. Il préfère supporter ce « pied d’éléphant » comme une preuve, pour avertir les générations futures.


