L’avare puni
KẺ BỎN XẺN BỊ PHẠT
Un conte autour du don, du partage et de la valeur d’une générosité sincère.
KẺ BỎN XẺN BỊ PHẠT
Un conte autour du don, du partage et de la valeur d’une générosité sincère.
Près de Śrāvastī vivait un homme extrêmement riche nommé Lô Chí. Sa fortune avait grandi autant par héritage que par une avarice devenue proverbiale. Il possédait beaucoup, mais chaque dépense lui semblait une blessure.
Un jour de fête, il se laissa pourtant gagner par l’animation de la ville. Il prit quelques pièces, un peu de nourriture et du vin, puis chercha un endroit isolé pour manger seul, de peur d’avoir à partager. Après quelques verres, grisé par son plaisir minuscule, il proclama que même le roi des dieux ne pouvait être plus heureux que lui.
Selon le conte, le dieu Śakra entendit cette vantardise et décida de lui donner une leçon. Il prit exactement l’apparence de Lô Chí et se rendit dans sa maison avant le véritable propriétaire.
Le faux Lô Chí réunit toute la famille et annonça qu’il venait enfin d’être délivré du « démon de l’avarice ». Il ouvrit les réserves, fit préparer un grand repas, donna des vêtements à sa mère, des bijoux à ses proches et distribua largement les richesses qui dormaient dans les coffres.
Il prit même soin d’avertir les domestiques : un être ressemblant parfaitement au maître allait peut-être se présenter en prétendant que tout cela était une folie ; ce serait, disait-il, le démon de l’avarice revenu les tourmenter.
Le véritable Lô Chí rentra et découvrit avec horreur sa maison en fête et ses biens partagés. Plus il criait qu’il était le vrai propriétaire, plus ses proches voyaient en lui le « démon » annoncé. Pour la première fois, l’homme qui avait organisé toute sa vie autour de la possession expérimentait ce que signifie ne plus être reconnu par ce qu’il croyait posséder.
La farce merveilleuse avait un but : lui faire sentir combien son avarice l’avait séparé de sa propre famille et combien une fortune inutilisée peut devenir une prison.
Lô Chí n’est pas puni parce qu’il est riche. Il l’est parce que sa richesse ne circule plus : elle ne nourrit ni sa mère, ni ses proches, ni ceux qui ont besoin d’aide, et ne lui procure même pas une joie simple.
La générosité apparaît alors moins comme une perte que comme une guérison. Donner remet les biens à leur juste place : des moyens au service de la vie, et non des maîtres auxquels sacrifier toute relation.
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