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Histoire 107 / 133
Patience & maîtrise de soi

La patience

LÒNG KIÊN NHẪN

Une histoire sur la patience, la maîtrise de soi et la transformation des émotions difficiles.

RécitUne caravane perdue dans le désert découvre que la persévérance peut faire jaillir de l’eau sous la pierre.

Dans une vie ancienne, le Bodhisattva naquit dans une famille de marchands du pays de Kasi. Devenu adulte, il prit la tête d’une caravane de cinq cents chariots. Leur route traversait un immense désert où le sable brûlait le jour ; on avançait donc la nuit et l’on se reposait sous des abris pendant les heures les plus chaudes.

Après des jours de voyage, il ne restait plus qu’une nuit avant la sortie du désert. Mais le guide, épuisé, s’endormit sur le premier chariot. Les bœufs changèrent lentement de direction et, à l’aube, la caravane découvrit avec effroi qu’elle était revenue à son point de départ.

Quand tout le monde renonce

Les réserves d’eau et de bois étaient presque épuisées. Les voyageurs, persuadés qu’ils allaient mourir, s’allongèrent sous les chariots. Le Bodhisattva refusa pourtant de céder au découragement. Il partit inspecter les environs et remarqua une touffe d’herbe encore verte.

« Une plante ne pousse pas ici sans eau », pensa-t-il. Il fit creuser. À grande profondeur, les hommes rencontrèrent un énorme rocher et abandonnèrent une nouvelle fois. Lui descendit dans le puits, posa l’oreille contre la pierre et crut entendre l’eau couler dessous.

Il demanda alors à son serviteur le plus fidèle de frapper la roche avec une lourde masse. L’homme continua malgré la fatigue. La pierre finit par se briser et une source jaillit. La caravane put boire, remplir ses récipients, préparer son repas puis reprendre la route à la nuit tombée.

Ce que cette histoire nous enseigne

La patience bouddhiste n’est pas une attente passive. Ici, elle associe lucidité, effort et persévérance. Le Bodhisattva observe un indice que les autres ne voient plus parce que la peur a déjà décidé à leur place.

Le récit compare la pratique à une traversée difficile : il arrive que l’on soit tenté d’abandonner précisément au moment où il ne reste qu’une pierre à briser.